Briser les tabous :

pourquoi la masturbation fait encore peur ?

La masturbation est un sujet encore trop souvent entouré de silence, de honte et de culpabilité. Pourtant, c'est une pratique universelle, naturelle et saine.

Historiquement, elle a été diabolisée par des discours religieux ou moralisateurs, perçue comme sale, immorale, voire pathologique.

Mais la science, aujourd'hui, dit tout le contraire : masturber n'a rien de mal. C'est un acte d'exploration de soi, de libération, et un moyen de mieux connaître ses désirs. Ce qui est problématique, c'est l'éducation sexuelle lacunaire, qui laisse le champ libre à la pornographie mainstream pour jouer le rôle de professeur.

Les bienfaits de la masturbation sur le corps et l'esprit

Masturber son corps, c'est aussi prendre soin de son esprit. Voici ce que la recherche scientifique nous apprend :

  • Réduction du stress : la masturbation libère des endorphines et de la dopamine, des hormones qui procurent une sensation de bien-être.

  • Amélioration du sommeil : l’orgasme favorise la relaxation et facilite l’endormissement.

  • Soulagement des douleurs : en particulier des douleurs menstruelles ou des tensions musculaires.

  • Santé périnéale et sexuelle : elle permet de renforcer les muscles du plancher pelvien et améliorer les réflexes érectiles ou la lubrification naturelle.

  • Connaissance de soi : explorer son corps permet d'identifier ce qui procure du plaisir, ce qui facilite ensuite les rapports avec un(e) partenaire.

Techniques de masturbation vaginale et pénienne

Il n'existe pas une seule bonne façon de se masturber. L'idéal, c'est d'explorer. Voici quelques techniques et conseils (non exhaustifs) :

Masturbation vaginale

  • Stimulation clitoridienne : Le clitoris, organe très sensible avec plus de 8000 terminaisons nerveuses, peut être caressé en cercles, en va-et-vient ou par tapotement. Il est possible de varier la pression et le rythme, avec ou sans lubrifiant. 

  • Stimulation des grandes et petites lèvres : en massant ces zones, on active les nerfs alentours pour créer une excitation globale.

  • Mouvement du bassin : certaines pratiquent le "humping" (se frotter contre un oreiller, un coussin, une couverture pliée), ce qui procure une stimulation indirecte très intense.

  • Jeux de pression et de frottement : avec la paume, les doigts, un coussin, un objet ou un sextoy.

  • Stimulation interne : exploration du point G avec un ou plusieurs doigts, ou un sextoy, en insistant sur la paroi antérieure où se situe la zone dite du point G. Les sensations sont différentes de la stimulation clitoridienne.

  • Jeu avec le souffle : respirer profondément, créer des sons, gémir, accentue l'excitation. Le son est un outil érotique puissant.

  • Masturbation indirecte : certaines personnes préfèrent stimuler les seins, l’anus, ou simplement fantasmer en se caressant sans focaliser sur les organes génitaux.

Masturbation pénienne

  • Mouvements rythmiques sur le pénis : avec ou sans lubrifiant, en variant la vitesse et la pression. Retrouvez nos accessoires ici.

  • Prise classique (main autour du pénis) : en variant le rythme et la pression, en ajoutant de la salive ou un lubrifiant pour plus de fluidité.

  • Technique du "stop and go" : stimuler jusqu'à frôler l'orgasme, puis arrêter. Cela permet d'intensifier le plaisir et de retarder l'éjaculation.

  • Stimulation du gland uniquement : certains préfèrent caresser le sommet du pénis, notamment le frein, très innervé.

  • Massage testiculaire : très efficace en parallèle de la stimulation pénienne. Il faut y aller avec douceur.

  • Stimulation anale/prostatique :la prostate est une zone très sensible et peut procurer des orgasmes intenses (sans éjaculation parfois).  

Accessoires pour maximiser le plaisir

L'univers des accessoires intimes s'est largement démocratisé. Il n'est plus réservé aux "initiés". Voici quelques suggestions, pour tous les genres et toutes les envies :

Pour tous :

  • Lubrifiants : à base d'eau (compatibles avec tous les sextoys) ou à base de silicone (effet longue durée).

  • Miroir : pour s'observer, découvrir son corps sous un nouveau regard.

  • Musiques ou ambiances : pour se mettre dans une bulle sensorielle.

  • Jouets connectés : de plus en plus de sextoys sont pilotables par smartphone, pour jouer seul ou à distance.

Pour les vulves :

Pour les pénis :

Faux mythes et idées reçues sur la masturbation

Malgré les avancées en matière de santé sexuelle, de nombreux mythes persistent. Voici quelques fausses croyances encore largement répandues :

  • "La masturbation rend sourd(e) / aveugle / stérile" : ces croyances sont issues de discours religieux ou moralisateurs du XIXe siècle. Aucun fondement scientifique ne les justifie.

  • "Ce n'est que pour les célibataires" : au contraire, beaucoup de personnes en couple continuent de se masturber, parfois même ensemble. C’est un moyen de mieux connaître son corps et d’enrichir sa sexualité partagée.

  • "La masturbation est une addiction" : comme toute activité, elle peut devenir problématique si elle interfère avec le quotidien, mais en soi, elle n’a rien de pathologique.

  • "Les femmes ne se masturbent pas" : encore un stéréotype genré. Les enquêtes montrent que la majorité des femmes se masturbent, même si elles en parlent moins.

  • "Les hommes n’ont pas besoin de jouets" : les sextoys pour péniens sont en pleine expansion. Ce n’est pas une question de besoin, mais d’exploration et de plaisir.

  • "La masturbation diminue la performance sexuelle" : c’est le contraire. Elle peut aider à mieux gérer l’éjaculation, à connaître ses zones sensibles, et à entretenir une bonne santé sexuelle.

Ce qu'il faut éviter

  • Se comparer à la pornographie : les scènes sont souvent montées, surjouées et peu fidèles à la réalité.

  • La culpabilité : se masturber n’est pas une trahison envers son/sa partenaire, ni une preuve de manque.

  • La fréquence : il n’y a pas de "norme". Ce qui compte, c’est que cela ne devienne pas compulsif ou une fuite du quotidien.

La masturbation est un moyen de se reconnecter à son corps, de cultiver sa sexualité sans honte ni pression. Que vous soyez seul(e), en couple, en questionnement ou curieux(se), votre plaisir est un droit. Et comme tout droit, il mérite d’être exercé en conscience, avec respect, et dans la joie.

Se connaître, c’est s’aimer. Et s’aimer, c’est jouir de la vie à tous les niveaux.